La vivisection, l’expérimentation et les tests sur les animaux :
Ces pratiques consistent à se servir d’animaux dans les
domaines les plus variés : chimie (tests de produits cosmétiques et
d’entretien, substances diverses), pharmacie (médicaments), médecine
(physiologie, chirurgie, traumatologie, etc.), génie génétique,
xénogreffes, défense (tests d’armes), et également pour l’enseignement.
Dans le monde, chaque seconde, au moins 25 animaux meurent torturés pour ces motifs divers… Cela fait 2 millions par jour.
Chez nous aussi ? La
Suisse est un des pays champions du monde de la vivisection. Sa loi est
très permissive, même par rapport à d’autres pays. Elle oblige les
fabricants à tester tous les nouveaux produits avant de les mettre sur
le marché, et permet qu’ils soient expérimentés sur les animaux de
laboratoire. Même les tests les plus douloureux sont effectués sans
anesthésie. L’article 16, alinéa 2, de la loi sur la Protection des
animaux (LPDA), permet d’effectuer des expériences sans anesthésie si
le but de l’expérience le nécessite. Ce qui revient à donner carte
blanche aux vivisecteurs.
Scientifique ? Les tests
sont souvent réalisés avec une barbarie et une cruauté difficilement
concevables (par exemple casser des os à un animal pour les réparer, ou
empoisonner des rongeurs pour les tests de toxicité, ou encore retirer
la calotte crânienne pour introduire des électrode dans le cerveau,
parmi mille autre manières). Ils se pratiquent principalement sur des
rongeurs (souris, rats, cobayes, hamsters, cochons d’Inde), mais aussi
sur des chats, chiens, lapins, bovins, chevaux, amphibiens, etc. Ceci
révèle déjà un premier problème: ces animaux, bien que relativement
proches de l’être humain sur certains points génétiques, ne réagissent
pratiquement jamais de la même façon à un produit chimique qu’un
humain. Ils supportent par exemple certaines substances extrêmement
nocives pour nous, ou à l’inverse ne tolèrent pas des produits sans
effet sur notre corps. En outre, le fonctionnement psychologique d’un
humain joue un grand rôle dans un traitement médicamenteux, or aucun
autre animal n’a un fonctionnement cérébral identique. Dans la
recherche d’un vaccin ou médicament efficace et sûr contre le SIDA,
après d’innombrables tests infructueux, nul-le n’est arrivé-e à
insuffler le SIDA humain à un autre animal ! (Et ce n’est là qu’un
exemple parmi tant d’autres.) Il y a eu de récents débats quant à la
moralité éthique de pratiquer la vivisection sur des singes car ils
sont considérés comme « trop proches de l’homme » par un comité
d’éthique (?) scientifique, créant ainsi un paradoxe : nous stoppons
les tests sur les singes en raison de leur proximité physiologique et
comportementale avec l’être humain, alors que la vivisection sur des
animaux éloignés de la physiologie humaine perdure.
Economique ?
Pas de logique, car
derrière ces pratiques se cachent en réalité… le profit : comme
souvent, afin d’économiser la moindre bribe d’argent, les entreprises
pratiquant la vivisection préfèrent torturer de manière abominable et
enlever d’innombrables vies. La recherche médicale émanant de
laboratoires privés ou des multinationales pharmaceutiques dégage
chaque année des milliards de francs de bénéfice. Elle permet également
à des centaines de milliers de personnes de vivre de cette activité. Le
fait de tester sur les animaux permet de commercialiser très facilement
tout produit chimique, facilitant ainsi les gains des maisons de
produits pharmaceutiques. La loi oblige les fabricants à tester tous
les nouveaux produits ou médicaments, mais elle permet aussi de
commercialiser un produit qui serait nocif pour l’animal !
Pourtant,
il serait tout à fait possible de pratiquer des tests sur des tissus
cellulaires créés artificiellement (on arrive maintenant avec ces
tissus à se rapprocher avec une grande précision de la peau d’organes
humains par exemple), permettant ainsi non seulement de mieux étudier
l’effet d’un produit sur un tissu proche de ceux de notre corps, mais
également d’épargner la souffrance et la vie d’un nombre gigantesque
d’êtres vivants sensibles. Néanmoins, recréer ces fameux tissus est
couteux et demande une spécialisation de la part des chercheurs en
question, par conséquent aucune entreprise (ou très peu d’entre elles,
dont le seul moteur et intérêt est bien évidemment le profit) ne veut
investir là-dedans…
Ethique ? Vient enfin la question
essentielle, celle d’une quelconque justification à ces pratiques
monstrueuses, sur un plan éthique : car les animaux, pourvus de nerfs
et d’un système cérébral, ressentent comme nous la douleur, et ont
également des sentiments, parfois différents des nôtres mais bien
présents. Il n’y a aucun argument valable justifiant autant de cruauté
envers ces animaux ; l’appartenance à une espèce est le critère
arbitraire qui justifie actuellement l’exploitation des animaux par les
humain-e-s. Ne pas prendre en considération la souffrance et les
sentiments d’un autre être vivant sensible, quelque soit son espèce
biologique consiste à nier toute notre évolution psychologique et nos
notions d’éthique, de respect et de tolérance, et par conséquent
justifierait tout à fait des pratiques comme le viol, le meurtre d’un
autre humain, etc. Il y a à peine un siècle, l’infériorité des Noirs
était un fait notoire et légal, et s’en servir pour tester des produits
chimiques (s’ils avaient été courants à l’époque) aurait été une
normalité ne choquant pratiquement personne ; le schéma est ici
exactement le même, à une différence de classification près, ce n’est
plus la « race » qui est la base de la discrimination, mais l’espèce. De
plus, dans le monde scientifique pratiquant la vivisection, le dédain
vis-à-vis des animaux utilisés pour leurs expériences va encore plus
loin : ils ne se contentent pas de tester des nouveaux produits, mais
pratiquent un réel génocide : chaque jour, ils massacrent et torturent
des animaux pour des expériences déjà faites et re-faites, et ce
uniquement pour l’enseignement aux étudiant-e-s, une soi-disant «
sûreté » des produits en question (alors qu’ils sont déjà bien connus
et commercialisés depuis longtemps), ou pour réaliser des « études »
sur un domaine de la biologie précis. S’y ajoute une dimension
sadique chez certaines personnes manipulant les animaux. Des
scientifiques ont été vu tabassant les animaux selon leur envie, leur
humeur, en prétextant que ces bêtes ne se laissent pas faire (?!),
comme l’attestent des images prises dans un laboratoire de HLS
(Huntigdon Life Sciences, un des principaux laboratoires de vivisection
au monde, où 500 animaux trouvent la mort quotidiennement) où l’on voit
des chercheurs lancer les animaux contre les murs (cf. campagne SHAC).
Comment éviter d’encourager un tel massacre et une telle absurdité ? Que faire pour l’empêcher ?
- Dans l’enseignement, l’adoption généralisée des méthodes substitutives est le seul moyen d’abolir véritablement ces tortures. Certaines universités s’ouvrent à ces méthodes, lentement.
- La plus grande partie des produits ménagers, de beauté, ou des médicaments ont été testés sur des animaux vivants ; il existe cependant des magasins qui vendent spécifiquement des produits affirmés non testés, la plupart du temps fiables, (bien les composants du produit fini soient parfois testés séparément). Se procurer les produits précédemment cités dans ces magasins représente néanmoins l’attitude la plus efficace afin de ne pas encourager de génocide…
- Privilégiez les « génériques » pour décourager la recherche de nouveaux médicaments uniquement développés à des fins mercantiles.
- Soutenez la recherche s’appuyant sur des méthodes scientifiques de substitution aux animaux. Tests in vitro sans animaux, modèles informatiques et cultures de cellules, de tissus et d’organes sont autant de méthodes fiables à la disposition des chercheurs-euses, enseignant-e-s et des étudiant-e-s.
- Parlez-en autour de vous. Participez à des actions et campagnes contre la vivisection ; de grandes firmes impliquées dans la vivisection ont leur siège en Suisse, il faut se mobiliser ici et maintenant !
Des pages pour s’informer :
- L’ATRA répond aux questions fréquentes que vous vous posez sur la vivisection.
- Le site de l’Association pour l’abolition des expériences sur les animaux donne de nombreux renseignements et met à disposition gratuitement une brochure intitulée « Un regard critique sur l’expérimentation animale », traitant de l’aspect scientifique de la question, ainsi que d’autres documents de base.
- Antidote-europe, comité de scientifiques opposés à la vivisection, propose également de nombreux documents et fiches techniques.
- La Ligue suisse contre la vivisection, basée à Genève, met notamment à disposition des informations ciblées sur la situation en Suisse.