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De la répression dans le mouvement pour la libération animale
POURQUOI? Ce n’est pas nouveau, mais ça va de pire en pire : le mouvement animaliste, en général, un peu partout dans le monde, est victime de répression. Les événements de 2008 en Autriche en sont pour l’instant un paroxysme, mais un peu partout les actrices et acteurs de la cause animale subissent des pressions et sanctions de la part de l’Etat. Des gens font de la prison pour avoir milité dans des associations légales. Des collectifs sont empêchés par la police de faire des activités licites en faveur des animaux. L’égalité animale est une lutte politique, et il est nécessaire de défendre nos droits.
Ce site aborde pour la première fois la question de la répression en tentant de faire le point dans différentes parties du monde. Parce qu'il est à ce jour difficile d'avoir une vue d'ensemble du phénomène, et de savoir ce qui se passe dans les diverses régions qui composent le mouvement pour les animaux, ces pages sont forcément non exhaustives, voire lacunaires. Elles proposent en revanche autant de liens que possible vers des informations plus détaillées. (Nous invitons toute personne à même de compléter ce dossier à nous écrire.)
LE PAROXYSME AUTRICHIEN (Ce texte est adapté de la page http://www.l214.com/solidarite-autriche. Merci à L214.)
Le 21 mai 2008 en Autriche, plusieurs organisations de protection animale ou des droits des animaux ont été victimes d’opérations policières particulièrement violentes, sans qu’aucun délit précis ne soit imputé à chacun-e d’eux-lles. Après 105 jours de détention, ils sont « libres », mais à ce jour le matériel saisi n’a pas été rendu aux associations et la justice n’a toujours pas retiré l’allégation selon laquelle ils formeraient une organisation criminelle. Ils sont toujours sous la menace d’un procès.
La menace d’une réactivation de l’offensive contre le mouvement animaliste via l’article de loi 278a s’est précisée au printemps 2009, laissant présager des inculpations qui pourraient frapper cette fois plusieurs dizaines de militants. La décision (inculper ou non) est maintenant entre les mains de la ministre de la Justice et devrait intervenir très prochainement. En Autriche, la mobilisation citoyenne est intense : des ONG (dont Amnesty International), des politiques, des universitaires, des journalistes dénoncent une atteinte inadmissible au droit d'expression et aux libertés politiques. A l'extérieur des frontières autrichiennes, le mouvement de solidarité s'organise. Qui pourra encore protéger les animaux si les lois sur « les organisations criminelles » sont détournées pour réduire leurs avocats au silence ? Qu'adviendra-t-il de nos libertés en Europe si, en Autriche et ailleurs, l'arsenal antiterroriste continue à être utilisé pour emprisonner et traduire en justice des personnes sur la base de dossiers à charge vides ?
En Autriche, la mobilisation est soutenue. Quelques exemples :
Mardi 19 mai 2009, Greenpeace, les Verts, le mouvement catholique pour la paix, et d'autres ont tenu une conférence de presse au Parlement, qui a obtenu une bonne couverture médiatique. Ils ont appelé la ministre de la Justice à mettre fin aux poursuites. Celle-ci a dit dans un communiqué qu'elle souhaitait discuter de la modification du §278a !
Jeudi 21 mai, 300 manifestants ont formé à Vienne une chaîne humaine allant de la statue de la déesse de la sagesse devant le Parlement jusqu'au siège de la cour suprême.
Le secrétaire général d'Amnesty International Autriche a donné quelques jours auparavant une interview disponible (en allemand) sur YouTube.
Les 11 plus grandes associations non animalistes d'Autriche ont signé un appel adressé à la ministre de la Justice autrichienne pour que l'article 278a soit modifié.
Mercredi 20 mai, les associations des droits des animaux ont tenu une conférence de presse au Parlement. Un député conservateur a fait un discours hostile, déclarant que « ce Martin Balloun ou quel que soit son nom est un dangereux militant radical des droits des animaux » [ndlr : Martin Balluch est un des militants emprisonnés, président de la VGT (Verein Gegen Tierfabriken)].
Le 10 juin, une journée internationale de solidarité avec les victimes de la répression contre le mouvement animaliste autrichien a eu lieu. Le matin même, la police autrichienne a perquisitionné dans trois domiciles liés à un des militants emprisonnés l’année passée, et a procédé à des saisies. Malgré une forte mobilisation et médiatisation sur place contre la police, cette dernière a confisqué du matériel (ordinateurs, DVD, appareils photo, etc.).
La page http://www.l214.com/solidarite-autriche fournit en outre de précieux détails, des documents (lettres, comptes rendus, communiqués de presse, etc.), ainsi que des moyens concrets d’agir contre la prépression. Nous vous invitons à lire l’article de Martin Balluch de mars 2008, publié en français par les Cahiers antispécistes, et qui propose une perspective sur l’avenir de la lutte animaliste : http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article370.
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ROYAUME-UNI (Ces informations sont largement tirées des pages de Wikipédia en Anglais sur Keith Mann et Barry Horne, et dans lesquels se trouvent de nombreux liens intéressants.)
Au Royaume-Uni, où le mouvement pour la libération animale a une histoire plus dense et plus ancienne que sur le continent, la répression est liée aux actions directes et libérations d’animaux, qui ont mis de nombreuses personnes derrière les barreaux. Le récent livre de Keith Mann, From Dusk 'til Dawn: An Insider's View of the Growth of the Animal Liberation Movement (2007), permet de comprendre ce mouvement. Keith Mann est un activiste et auteur britannique, que la police prenait pour le sommet de la hiérarchie de l’ALF (Animal Liberation Front), et qui a été condamné à 14 ans de prison en 1994 pour avoir notamment brûlé des camions de viande.
Mais la figure britannique la plus connue est Barry Horne (1952–2001), un activiste pour les droits des animaux, qui est mort des suites de ses grèves de la faim durant l’application de ses 18 ans d’emprisonnement liés à l’incendie de magasins de fourrure. La peine la plus longue donnée à un activist animaliste par la justice britannique.
Au Royaume-Uni, des structures de soutien aux prisonniers politiques de la cause animale ont été mises en place. On trouve par exemple The Animal Liberation Front Supporters Group.
ENTREZ DANS LE VIF DU SUJET Commencez par deux textes saisissants, déclarations de Martin Balluch sur la répression à laquelle fait face le mouvement animaliste autrichien, lorsqu'il est en prison en juin 2008, et à sa libération en septembre.
TOUT LE MONDE EST CONCERNE
Ainsi que la VGT le met en avant, l’article 278a qui a permis ces actes par mesure d’ «antiterrorisme», de par sa nature, menace tout mouvement social, toute association et ONG (tous les détails sont ici). Les autres structures associatives en Autriche sont également lucides à ce sujet, puisque nombre d’entre elles sont mobilisées contre cet article : elles demandent la restriction de son usage, ou sa suppression.
EN FRANCE (Ce texte est adapté du communiqué qui a circulé fin novembre sur les listes, annonçant l’arrestation des activistes lyonnais, que l’on peut lire dans son intégralité par exemple ici.)
Peu après les événements autrichiens, en novembre 2008, plusieurs activistes animalistes ont été arrêtés à leur domicile à l’aube. Motif invoqué : soupçonnés d'avoir participé ou aidé à un « acte terroriste » revendiqué par l’ALF ayant eu lieu au printemps de la même année. L'enquête est menée par le parquet de Paris par le procureur Fanny Bussac (anti-terrorisme). Restés en garde à vue de 27 à 58 heures, les trois militants affirment n’avoir pas de lien avec ces actes, et la brigade antiterroriste ne possède pas de preuve. A cause de la loi anti-terroriste, qui existe en France comme en Autriche (mais pas en Suisse), une garde à vue sans preuve est tout à fait possible, et peut durer jusqu’à 96 heures, sans présence d'un avocat pendant les 72 premières heures. Au terme des 96 heures, le procureur peut décider une détention préventive en attendant le procès, détention qui pourrait durer une année. Ces décisions peuvent être prises avec des «preuves» très minces.
En outre, des perquisitions ont été menées, des ordinateurs et des documents personnels, ainsi que du matériel militant, ont été réquisitionnés.
Des faits qui ressemblent à ce qui s’est passé en Autriche. Des procédés qui paralysent des associations, ou qui nuisent à leur travail, et intimident les militant-e-s. A Lyon, les gendarmes ont d'ailleurs clairement dit à l'une des personnes interrogées que leur objectif était d'empêcher que le mouvement pour la cause animale (légal comme non légal) se développe, comme en Angleterre par exemple.
Photo: une des nombreuses manifestations demandant la libération des activistes autrichiens en 2008, ici à Berne (Suisse). En Suisse, il n’existe pas de loi similaire à l’article 278a en Autriche.
EN SUISSE ROMANDE
PUBLICATION!
Juillet 2009 - Le premier numéro de la Revue semestrielle de droit animalier vient de paraître. Ce numéro compte 230 pages, est publié par l'Université de Limoges et dirigée par le Pr. Jean-Pierre Marguénaud. Il s'agit d'une revue principalement juridique, mais pas seulement, abordant de nombreux thèmes, et contenant pour ce numéro un gros dossier sur l'expérimentation animale dirigé par Florence Burgat. Elle téléchargeable en entier à cette adresse.
Sont particulièrement à relever, dans le cadre de cette page:
l'article sur la législation suisse «La nouvelle législation fédérale sur la protection des animaux: respect de la dignité et du bien-être animale», par Pascal Mahon et Marlène Collette (doc n°14, pages 109 à 116);
le compte rendu de l'affaire sur la liberté d'expression menée par la VGT (Suisse) à la Cour européenne des droits de l'homme,«Une victoire historique pour la liberté d'expression des défenseurs des animaux: l'arrêt de Grande Chambre de la Cour européenne...» par Jean-Pierre Marguénaud (doc n°2, pages 21 - 27).