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Ce texte d’introduction à la question de la viande est tiré du tract diffusé par le Réseau contre le spécisme, de Lyon.
reseau-antispeciste@poivron.org
La version en couleurs et en images du tract de ce texte est téléchargeable ici : http://pense-bete.org/materiel/


Pourquoi refuser de manger de la viande ?



Les veaux, vaches, cochons, couvées...
Les veaux sont presque toujours séparés de leur mère à la naissance (l’un et l’autre meuglent souvent pendant plusieurs jours...), sont nourris de façon volontairement carencée, et sont généralement maintenus jusqu’à l’âge de huit semaines seuls dans des boxes où ils ne peuvent ni se retourner ni faire leur toilette, ni même se coucher à l’aise… Ils ont pour toute litière un sol en lattes de bois très inconfortable. De plus, ils sont privés de contacts sociaux. Certains veaux sont également enchaînés ou ont la tête coincée entre deux barreaux.

Les vaches laitières
, après avoir été intensément exploitées pour la production de lait, sont menées à l’abattoir dès que leur rendement baisse, entre 3 et 7 ans, alors qu’elles pourraient vivre une vingtaine d’années. Elles aussi sont très souvent tenues étroitement enfermées leur vie durant.

Les truies gestantes, les cochons, les chevreaux, les agneaux, les lapins, etc
. subissent le même sort. Ces conditions de vie leur causent des souffrances physiques et psychologiques permanentes.


Les poulets...
Comme toutes les autres « volailles », les poulets sont génétiquement sélectionnés pour leur taux de croissance et promis eux aussi à l’élevage concentrationnaire. Des millions d’entre eux souffrent de déformations des pattes, de fractures, de paralysies, de maladies diverses... Entassés les uns contre les autres, 15 à 25 par mètre carré, pouvant difficilement dormir dans des hangars presque constamment éclairés où ils sont 10 000 à 100 000 en permanence, croupissant dans leurs déjections ammoniaquées, manipulés avec brutalité, ils sont tués au bout d’à peine quelques semaines, temps nécessaire à une croissance « optimale ».

Dans tous les cas, le transport vers l’abattoir, qui peut durer de très longues heures, est l’occasion de mauvais traitements variés et cause peurs et souffrances.



La viande n’est pas un produit banal
; un morceau de chair provient de l’exploitation et du meurtre d’un animal. Son arrivée dans notre assiette est le dernier maillon d’une longue chaîne. Considéré comme un produit de consommation, on refuse d’accorder de l’importance à tout ce qu’il peut ressentir.


L’exploitation à mort...
Tous ces individus sensibles sont « produits » uniquement pour l’argent qu’ils peuvent rapporter. Pourquoi se soucierait-on des souffrances causées, puisque l’on considère que leurs intérêts vitaux peuvent être mis en balance avec le simple goût de leur chair ? En France, ce sont chaque année des milliards de vaches, veaux, poulets, poules pondeuses, cochons, moutons, canards, lapins, poissons, etc., qui sont ainsi élevés, exploités puis tués dans des conditions quasi inimaginables pour obtenir de la chair, mais également des produits dérivés : graisse animale utilisée pour les biscuits ou les pains de mie, gélatine pour les bonbons, présure (extraite de l’estomac des veaux) pour la fabrication de la plupart des fromages, etc. D’innombrables animaux sont aussi exploités à mort pour leur lait, leurs œufs, leur cuir, leur laine...



Contre le spécisme, pour l’égalité...

Consommer de la viande, comme tout autre produit d’origine animale, c’est participer activement à ce système d’exploitation et de souffrance à grande échelle. En effet, que ce soient ici des animaux et non des humains qui sont nos victimes n’enlève rien au fait que les souffrances sont vécues dans la chair, que les peurs peuvent être paniques, que les conditions de détention et de « mise à mort » suscitent de véritables tortures. Tout animal libre de ses mouvements essaierait de toutes ses forces d’échapper à son sort... Seul « le droit du plus fort » nous permet ce mépris de leurs intérêts ; mais ce n’est pas juste pour autant. Ce mépris lié à l’espèce, nous l’appelons « spécisme », par similitude avec les notions de racisme ou sexisme ; il s’agit d’une discrimination tout aussi arbitraire, et comme telle, indéfendable.

Comme le disait Jeremy Bentham, un philosophe contemporain de la Révolution française : « Les Français ont déjà découvert que la noirceur de la peau n’est en rien une raison pour qu’un être humain soit abandonné sans recours au caprice d’un bourreau. On reconnaîtra peut-être un jour que le nombre de pattes, la pilosité de la peau, ou la façon dont se termine le sacrum sont des raisons tout aussi insuffisantes pour abandonner un être sensible au même sort. Et quel autre critère devrait tracer la ligne infranchissable ? Est-ce la faculté de raisonner, ou peut-être celle de discourir ? Mais un cheval ou un chien adultes sont des animaux incomparablement plus rationnels et aussi plus causants qu’un enfant d’un jour, d’une semaine, ou même d’un mois. Mais s’ils ne l’étaient pas, qu’est-ce que cela changerait ? La question n’est pas : peuvent-il raisonner ? ni : peuvent-ils parler ? mais : peuvent-ils souffrir ? » Ce partisan de l’égalité humaine argumentait ainsi, déjà à l’époque, que rien ne justifie de ne pas prendre en compte aussi de façon égale les intérêts des autres animaux.



Que faire aujourd’hui ?

Il y a urgence à refuser de manger viandes et sous-produits animaux. La chair n’est pas indispensable à une bonne alimentation et nous pouvons très aisément nous nourrir sans tous ces produits. Indépendamment de nos habitudes alimentaires et culturelles, seules la pression sociale et une volonté de mépris des animaux nous poussent à les consommer.

Une nourriture végétarienne, ou mieux, végétalienne, composée de céréales, légumineuses (lentilles, pois chiches, etc.), légumes et fruits, apporte ce dont nous avons besoin (les végétaliens doivent veiller à leurs apports en vitamine B12). De nombreux magazines publient des dossiers complets sur l’équivalence des protéines d’origines végétale et animale, et sur une alimentation sans produits animaux. Non fondée sur la souffrance, elle nous fait découvrir de nouveaux horizons culinaires, bon marché, simples, variés et excellents. Il ne s’agit pas même de renoncer aux plaisirs de la table mais simplement d’en changer.

Voici un site de recettes : http://cuisinez-vegetalien.net

Sachons refuser un simple plaisir gustatif lorsque cela va à l’encontre des intérêts capitaux
des autres (de notre espèce ou non !) à ne pas souffrir et à ne pas mourir.
Engageons-nous pour que notre société cesse de reposer sur l’exploitation
des êtres sensibles et notamment, abolisse la viande !



Sources :
• F. Burgat, L’Animal dans les
pratiques de consommation, PUF,  
coll. « Que sais-je ? », n° 374, 1995.  
• Le Bien-être animal..., PMAF
(Protection mondiale des animaux
de ferme), 2004.


Pour en savoir plus...

En images:
  • Abattoir bovins. L214.
  • Abattage volailles. L214.
  • ....

Jusqu'à ce que toutes les cages soient vides!