Question-Réponse au sujet de la question animale et du végétalisme
Les animaux ne se mangent-ils pas entre eux?
Il est vrai que certains animaux comme les
hyènes ou les tigres en mangent d'autres, tout comme il est vrai que les
hippopotames et les éléphants ont une alimentation végétalienne. Si quelqu'un
faisait ses besoins dans la rue en prétextant que beaucoup d'animaux, comme les
chiens et les pigeons, n'utilisent pas de toilettes, on le prendrait pour un
fou. Alors comment comprendre que l'on utilise la même rhétorique pour essayer
de justifier l'alimentation carnée en prétextant que certains animaux en
mangent d'autres? Les humains, contrairement aux hyènes et aux tigres, peuvent
agir de manière civilisée en refusant le massacre des êtres sensibles.
N'est-ce pas naturel de manger les animaux?
On peut se demander si les abattoirs et les
camions qui transportent les animaux sont naturels ou non, si l'élevage et la
consommation de chair animale sont naturels ou si ces pratiques sont au
contraire le fruit d'une construction sociale. Mais on peut aussi facilement
réaliser que peu importe la réponse à ces questions, il y a un fait simple qui
demeure: on peut vivre sans manger les êtres ressentant des émotions et sans
leur infliger ce que l'on ne voudrait pas qu'on nous fasse.
Les tremblements de terre ou les tsunamis sont
des phénomènes totalement naturels, pourtant lorsque ceux-ci font des milliers
de blessés et de morts, on ne dit heureusement pas que ce qui s'est passé est
bien car naturel, mais au contraire on essaie de tout faire pour sauver les
survivant-e-s et trouver à tous ces gens un toit sous lequel ils puissent
dormir. Lorsqu'une personne est très en colère contre une autre qui lui a fait
du mal, elle peut avoir une envie naturelle de la tuer, mais cela ne veut pas
dire que ce n'est pas une mauvaise chose à faire. Ces exemples montrent
clairement que la question « Est-ce que c'est naturel? » est
grandement distincte de la question « Est-ce que c'est bien pour tous les
êtres sensibles? » et c'est cette dernière qui doit être posée lorsqu'on veut
réfléchir sur la valeur éthique d'une action.
Un très bon article concernant l'idée de
Nature: http://tahin-party.org/finir-idee-nature.html
N'avons-nous pas besoin de protéines?
Oui bien sûr, et celles-ci se trouvent aussi
ailleurs que dans les cadavres des animaux. Les protéines existent dans le riz,
le pain, les pois chiches, le millet, les haricots, les lentilles, les noix,
les amandes, le maïs...
Pour plus d'informations: http://avis.free.fr/proteine.htm
Pour plus d'informations sur la nutrition
végétalienne en général, consulter la rubrique « alimentation végétarienne
et végétalienne » de ce site: http://avis.free.fr/pourquoi_comment.htm
Et la liberté dans tout ça ? Chaque personne
fait ce qu'elle veut n'est-ce pas?
La liberté doit être respectée, y compris
celle des autres animaux, et le fait de les enfermer contre leur gré dans un
camion les transportant à l'abattoir où l'on va les tuer pour un simple plaisir
gustatif, est clairement contraire à leur liberté. La liberté individuelle ne
saurait être utilisée pour justifier les activités qui causent des torts
majeurs à autrui, sinon on pourrait aussi justifier le cannibalisme en disant
que chacun est libre d'être cannibale. Les humains peuvent faire le choix de ne
pas être des prédateurs, ils ont donc un devoir moral d'abolir le massacre des
êtres sensibles. Par ailleurs, dire que chacun fait ce qu'il veut pour
justifier la continuation des abattoirs, c'est oublier que les autres animaux
ne veulent justement pas se faire tuer et finir dans des assiettes.
C'est une tradition / une pratique ancestrale.
Une pratique peut avoir duré très longtemps, mais sa continuité ne dit
absolument rien sur son caractère juste ou injuste. Par exemple les meurtres,
les viols et les guerres existent aussi depuis des millénaires mais ce n'est
pas un argument pour que cela continue. Les exécutions et tortures publiques
(d'ailleurs à l'époque très appréciées par le peuple), étaient aussi une
tradition très ancrée au moyen-âge et si on avait donné de la valeur à ce
pseudo-argument de tradition on en verrait encore aujourd'hui. Une société
civilisée a le devoir de se débarrasser de toutes les traditions barbares.
Mais si les animaux avaient une vie heureuse
dans les élevages, ne pourrait-on pas les manger?
Si un être sensible a une vie heureuse, on devrait justement le laisser en vie
pour qu'il puisse profiter de son bonheur. Qu'on puisse tuer quelqu'un qui
menait une vie pleine de souffrances pour qu'il ne souffre plus peut encore
être compréhensible, mais se donner le droit d'assassiner un être parce qu'il
est heureux est complètement absurde.
Sans les humains ces animaux n'existeraient
pas, alors pourquoi ne pourrait-on pas les exploiter et les tuer?
Si les enfants existent c'est grâce à leurs parents, mais cela ne veut
évidemment pas dire que les parents peuvent tuer leurs enfants juste parce que
c'est grâce à eux qu'ils existent. De la même manière, le fait que les animaux
d'élevage existent grâce aux humains ne veut de loin pas dire qu'on peut les
tuer pour cuisiner des morceaux de leur cadavre. Par ailleurs, faire exister
des animaux-esclaves (qui sont considérés comme la propriété de quelqu'un) dans
le but de pouvoir les tuer pour un plaisir gustatif, pour du profit ou par
tradition est fondamentalement injuste.
L'exploitation animale donne du travail et
c'est bien pour l'économie.
Quand une pratique est injuste, elle ne perd pas par magie son immoralité si
elle rapporte de l'argent. Le fait que le trafic d'armes permette de nourrir
des familles ne signifie pas que ce trafic est juste, mais qu'il faut que les
trafiquants aient un autre moyen de subvenir à leurs besoins. De la même
manière, la reconversion des personnes travaillant dans le secteur de
l'exploitation animale est nécessaire. Il est intéressant de remarquer que
l'entreprise Soyasun a été créée par une famille de laitiers qui voulaient se
reconvertir dans la production de produits au soja. Chaque année l'exploitation
animale est subventionnée par l'Etat à hauteur de plusieurs millions, argent
qui doit plutôt servir à aider la reconversion des travailleuses et
travailleurs de ce secteur.
N'y aura-t-il pas trop d'animaux si on arrête
de les manger?
Les personnes qui sont pour l'abolition de la
consommation de viande disent qu'il faut arrêter de faire naître des êtres
sensibles dans le but de les tuer, ce qui aurait pour conséquence une réduction
du nombre de ces animaux, et non leur surpopulation. Certain-e-s disent qu'il
faut juste laisser quelques fermes sanctuaires (comme celle-ci: http://www.peacefulprairie.org/)
dans lesquelles les animaux peuvent profiter de leur vie jusqu'à la fin sans
qu'un jour on les force à monter contre leur gré dans des camions les
transportant à l'abattoir.
Les plantes ne sont-elles pas aussi des êtres
vivants?
Oui les plantes sont aussi des êtres vivants,
tout comme le sont les bactéries, mais se ne sont pas des êtres sentients*, or
c'est la sentience qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue. Au cours de
l'évolution, certains êtres qui pouvaient se déplacer ont développé la capacité
de sentience. Celle-ci, avec le ressenti du plaisir et de la souffrance, leur
indiquait de se déplacer à des endroits qui leur étaient favorables et éviter
ce qui leur était défavorable. Les animaux qui pouvaient se mouvoir avaient un
avantage sélectif à la posséder. Or comme les plantes ne peuvent pas se
déplacer et comme la sentience demande beaucoup d'énergie, celle-ci
constituerait un énorme inconvénient sélectif.
De la même manière qu'un individu qui est dans
le coma peut avoir un corps qui fonctionne et réagit parfaitement (le cœur qui
bat, la peau qui se régénère en cas de blessure) sans ressentir d'émotions ou
de sensations de plaisir et de souffrance, de la même manière les plantes
vivent et réagissent toute leur vie sans avoir ces facultés. Par ailleurs il
est intéressant de remarquer que tout le monde réalise intuitivement qu'il y a
une grande différence entre le fait de couper du persil et le fait de tuer un
lapin, ce n'est donc pas pour rien que les abattoirs sont cachés en dehors des
villes.
*Sentience: en français il nous manque un mot
pour désigner la chose la plus importante du monde, peut-être la seule qui
importe : le fait que certains êtres ont des perceptions, des émotions, et
que par conséquent la plupart d'entre eux (tous?) ont des désirs, des buts, une
volonté qui leur sont propres.
Mais si je considère tout de même qu'il est
injuste de tuer des plantes?
Il faut donner plusieurs kg de végétaux à
manger aux animaux d'élevage pour « produire » seulement un peu de
viande. La consommation de viande n'engendre donc pas seulement la mort de
l'animal mais aussi celle des végétaux qui servent à le nourrir. Par conséquent
les personnes qui pensent qu'il est injuste de tuer des plantes doivent aussi
boycotter la viande et militer pour l'abolition de l'élevage commercial.
La viande et le cuir, je comprends, mais quel
est le problème avec les œufs et les produits laitiers?
Dans l'industrie de production des oeufs, les
poussins sont triés à la naissance selon le sexe, les poussins mâles ne pouvant
produire d'oeufs sont, comme l'on peut lire sur le site de l'Association des
producteurs d'œufs suisses, tout simplement tués (broyés vivants ou gazés) et
ensuite jetés*. Les femelles sont utilisées comme des machines à produire des
œufs et sont envoyées à l'abattoir dès qu'elles ne sont plus assez productives.
Les vaches, qui ont été sélectionnées génétiquement depuis des décennies dans
le but de créer des « races à lait » plus performantes, peuvent
aujourd’hui produire entre 6 000 et 12 000 litres de lait par an
ou 20 à 40 litres par jour ; c’est 10 fois plus que leur ancêtre
dans les années 1950. Pour produire du lait, une vache comme une femme ou tout
autre mammifère, doit d’abord avoir un petit. Elle est donc inséminée et chaque
grossesse dure 9 mois. Souvent le petit veau est séparé de sa mère
quelques jours après la mise bas, ce qui procure angoisse et désarroi pour la
vache autant que pour le petit. La vache est ensuite à nouveau inséminée pour
continuer à produire du lait. Elle est envoyée à l'abattoir vers l'âge de
6 ans, n'étant plus rentable au-delà, alors qu'elle pourrait vivre jusqu'à
l'âge de 20 ans.
*le site de l'Association des producteurs
d'œufs suisses: http://www.gallosuisse.ch/html/index.php?id=77&L=2
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