LausAnimaliste ATRA

ACCUEIL

EGALITE ANIMALE

QUESTION-REPONSE

ALIMENTATION

La viande

Les produits laitiers

Les oeufs

Environnement

NOS ACTIVITES

Fourrure

Foie gras

Animaux de cirque

Vivisection

Végétalisme

REPRESSION

En Romandie

MATERIEL MILITANT

REVUE DE PRESSE

CONTACT

SOUTIEN / SHOP

LIENS

 

Motivations écologiques et éthiques : vont-elles toujours de pair ?


Au vu des informations disponibles sur l’impact de la production d’aliments d’origine animale sur notre environnement, la démarche la plus évidente pour qui se soucie un tant soit peu de cet environnement consiste à cesser de participer à cette production. De ne plus acheter de viande ou de produits animaux. N’est-ce pas ? C’est la plus évidente, oui. Mais est-ce celle vers laquelle nous nous acheminons, socialement ? Le rapport de la FAO, s’il pointe le rôle capital joué par l’élevage dans le changement climatique, ne va pas jusqu’à préconiser cette démarche…

Le texte de présentation de la revendication de l’abolition de la viande aborde ce problème. En voici quelques passages (chapitre 6), qui mettent en évidence que l’équation intérêt des animaux = écologie n’est pas toujours cohérente :

La consommation carnée cause des torts immenses aux animaux élevés ou pêchés et provoque la disparition d'animaux sauvages. Elle dégrade les sols, l'eau, les forêts… Par l'intermédiaire des inégalités de répartition des revenus, elle pèse également sur le sort des humains les plus démunis.
Est-ce à dire que si des politiques sont mises en oeuvre pour remédier aux problèmes environnementaux liés à l'élevage, elles seront nécessairement bonnes à la fois «pour les hommes, pour les animaux et pour la planète»? Les orientations suggérées par le rapport de la FAO 2006 n'incitent pas à l'optimisme. Les propositions des experts qui en sont les auteurs ont été construites en considérant comme une donnée la poursuite de la croissance de la consommation de viande, de sorte que la question devient: «Comment fournir plus de viande en limitant les dégâts écologiques?» La solution qui est préconisée pourrait être qualifiée d'évolution vers un « élevage écologique intensif ». […]

Selon le rapport de la FAO, l'industrialisation de l'élevage n'est pas un problème en soi ; ce qui en est un (en termes de nuisances sur l'environnement) c'est la concentration des élevages sur certaines zones géographiques, d'où la nécessité de mettre en œuvre des politiques pour inciter à les répartir de façon plus équilibrée sur le territoire.

Selon cette tendance, l’amélioration pourrait signifier :


- un déplacement de la production des bovins vers d'autres espèces, en particulier les poulets, c'est à dire une augmentation sensible du nombre d'animaux tués par kilo de viande produit ;
- une dégradation accélérée du cadre de vie des animaux, par disparition des élevages résiduels où ils se déplacent dans de vastes espaces, au profit de leur entassement dans des bâtiments concentrationnaires ;
- une dégradation accélérée de leur qualité de vie du fait des caractères physiques qu'on cherche à développer chez eux. On sait de quel genre de progrès la zootechnie est capable en termes d'améliorations génétiques. On lui doit déjà la mise au point de poulets qui grandissent en 40 jours (au lieu de 80 jours il y a 30 ans) et dont le squelette est trop fragile pour supporter le corps, la multiplication du nombre de porcelets par portée chez les truies, du nombre d'œufs par poule, de litres de lait par vache…

Inscrire l'élevage dans un tel schéma de «développement durable», ce n'est pas revenir à un passé rêvé de relations harmonieuses entre le berger et son troupeau sur fond de prairies et montagnes, c'est aller toujours plus loin dans la réification des animaux, leur claustration, c'est produire sciemment des individus difformes, aller au bout de l'épuisement de leurs corps.

Un environnement vivable : pour qui ?
Il ne s'agit pas de conclure au divorce inéluctable entre écologie et éthique animale. Au contraire, le chantier environnemental qui s'ouvre est une occasion à ne pas manquer d'oeuvrer à leur convergence. La conscience progresse que la préservation de la planète ne peut reposer sur le seul réseau des micro-relations privées. Les experts de la FAO soulignent que les problèmes ne seront pas résolus en comptant sur «business as usual», et qu'ils ne le seront pas davantage si les politiques de soutien à l'agriculture se poursuivent selon la logique actuelle. Si tant est que l'on parvienne à mettre en place les dispositifs nécessaires pour enrayer le réchauffement climatique, la désertification, la pollution des eaux… ce sera au prix de bouleversements notables dans la nature des emplois, les modes de consommation et la répartition territoriale des activités. Des moyens importants semblent devoir être dégagés pour provoquer et accompagner les évolutions nécessaires. Il faut réfléchir et peser pour que ce changement débouche sur un état réellement meilleur.

Il est urgent de poser la question : «De qui cette planète est-elle l'environnement? Pour qui doit-elle rester (devenir) habitable et le rester durablement?» Les humains ne sont pas les seuls habitants sensibles de la Terre. Les autres animaux aussi ont un intérêt à jouir d'un habitat conforme à leurs besoins. Un univers de cages, filets et hameçons ne constitue certainement pas un environnement décent pour eux. À quoi riment ces projets de «développement soutenable» et autre «croissance durable» qui consistent à rendre durablement insoutenable l'existence de ceux qui partagent cette planète avec nous ?

Résoudre les problèmes environnementaux imputables à l'élevage par l'abolition de la viande n'est ni plus difficile à organiser ni moins bénéfique pour les humains qu'entreprendre la lourde mutation vers l'élevage écologique intensif. Il est même probable que l'issue favorable, du seul point de vue de l'humanité, est plus certaine via l'abolition. Et du point de vue des animaux, la différence entre les deux options est abyssale.

Il appartient au mouvement pour l'abolition de la viande d'être l'un des acteurs qui permettront de progresser vers une écologie sensibiliste, et non plus strictement humaniste: se soucier de la bonne gestion de la Terre dans l'intérêt de tous ses habitants sensibles; cesser de compter les animaux parmi les «ressources naturelles» utilisables à notre guise du moment que cela ne compromet pas les intérêts à long terme de l'humanité.

Extraits de «Abolir la viande», par Estiva Reus et Antoine Comiti, paru dans le numéro 29 des Cahiers antispécistes en février 2008 et disponible sous forme de brochure à télécharger à l’adresse suivante : http://clam34.org/pdf/BrochureAbolition.pdf


Jusqu'à ce que toutes les cages soient vides!