La Suisse exploite près de 1,7 millions de bovins (1). La majorité de ces animaux sont des vaches laitières inséminées artificiellement chaque année pour « produire » un veau. Après un peu plus de 9 mois de gestation, leur veau leur est arraché dès la naissance (2). Elles sont ensuite traites comme à l’ordinaire puis ont entre 85 à 110 jours de « répit » avant d’être à nouveau réinséminées. Les veaux retirés de leur mère sont ensuite rationnés en lait et engraissés. Les mâles sont rapidement envoyés à l’abattoir. Quant aux génisses, leur première insémination est faite lorsqu’elles ont entre 13 et 15 mois.
Tous ces animaux sont de toute façon abattus (après un laps de temps plus ou moins grand) lorsqu’ils n’ont plus la rentabilité souhaitée. Certains paysans envoient même régulièrement aux abattoirs leurs vaches en parfaite santé, alors qu’elles sont gestantes de 5 à 7 mois sous prétexte de manque de place à la ferme. Les vaches sont conscientes de leur fin qui approche et leur comportement se modifie, parfois plusieurs jours avant l’abattoir. Elles deviennent plus alertes et nerveuses. L’angoisse des « préparatifs » est encore aggravée pour une vache portante, par l’instinct de conservation de l’espèce.
Chez les éleveurs/euses, on parle d’animaux de boucherie, de
« la productivité de la vache tout au long de sa vie » (3)… Il n’est
pas rare de lire dans les fiches techniques agricoles une phrase telle
que: « Si l'on veut que les génisses aient une bonne productivité tout
au long de leur carrière de reproductrice, il faut qu'elles soient
fécondées tôt » (4). Ces êtres vivants ne sont considérés que comme des machines à produire du lait et de la viande. Quelque soit le mode d’élevage de ces animaux (en ferme bio ou en immense industrie) aucun respect ne leur est accordé.
En Suisse, 3,44 milliards de litres de lait on été récoltés en 2010 (5) et on trait environ 5400 litres à chacune des 715'000 vaches (6) chaque année. Le lait est
subventionné et sans cesse vanté pour pouvoir être mieux écoulé. Un énorme lobby tend à maintenir ce marché très lucratif en place.
Des groupes puissants comme la FPSL (7) se fixent pour " tâche
principale d’influer sur le processus de formation de l’opinion
politique, afin que les changements touchant l’économie laitière […]
offrent des perspectives acceptables aux producteurs de lait en
activité". Un grand nombre d'entreprises essaient de nous "faire
avaler" du lait de vache sous toutes les formes et de manière plus ou
moins perverses.
La réalité des conditions de vie des vaches est détournée en faisant croire qu'elles sont heureuses.
D'innombrable mensonges sont également entretenus quant aux méfaits
produits sur la santé humaine (8) alors que c’est un produit inadapté
aux êtres humains et auquel de plus en plus de personnes sont
intolérantes. Malgré cela, on nous habitue dès notre enfance à en
consommer et on nous fait croire qu’il est sain pour nous.
Nous
vous invitons toutes et tous à essayer d'arrêter votre consommation de
produits laitiers. Ne soutenons plus ce moteur de l’exploitation
animale! Laissons le lait de vache aux jeunes veaux!
1 Centre d'information sur l'agriculture Suisse, 2008 2 http://babcock.cals.wisc.edu/node/120 3 idem 4 http://www.omafra.gov.on.ca/french/livestock/beef/facts/91-068.htm 5 http://www.milchmarkt.ch/2010.html 6 http://www.blw.admin.ch/old/agrarbericht0/f/1_1_2.htm 7 http://ww2.swissmilk.ch/fr/producteurs-de-lait/portrait/mandat-activites/pour-le-lait-suisse/mandat-strategie.html 8 http://www.onnouscachetout.com/themes/alimentation/laitdevache.php