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Impacts de la production d'aliments d'origine animale sur l’environnement
 

Introduction
Des animaux se font tuer dans un abattoir, d’autres passent leur vie dans une cage, d’autres encore….
Lorsque se fait la prise de conscience de ce que subissent les animaux aujourd’hui, il peut sembler aberrant de proposer de ne plus participer à leur exploitation
pour l’environnement. Y a-t-il en effet besoin de cet argument, quand celui de l’intérêt des animaux est central (pour eux au moins)? Cela tend-il à le rendre moins fort que de lui apposer celui du climat ? Cela le renforce-t-il ? La question restant ouverte, nous vous proposons ces informations sur la production d’aliments d’origine animale, ainsi que quelques pistes de réflexion et de documentation.


 
Gaspillage à grande échelle
L’alimentation à base animale est peu efficace, elle consomme beaucoup plus de ressources et génère beaucoup plus de pollution que l’alimentation végétalienne. De fait, l’alimentation carnivore engage un étage de plus dans la chaine alimentaire. Du lien direct humain/végétal qui caractérise l’alimentation végétalienne, on a pour l’alimentation d’origine animale une chaine alimentaire à plusieurs étages : humain/animal/végétal.

Ainsi la production de viande nécessite, en moyenne, 7 fois plus de céréales qu’une alimentation directement végétale et ainsi d’autant plus de surface. Lorsque l’on sait combien on déboise par année (13 millions d'ha par an selon World Resources Institute soit plus de trois fois la superficie de la Suisse), dont 80% pour l’agriculture, on voit le gaspillage mondial que cela représente.

La consommation de produits animaux implique non seulement une production végétale beaucoup plus importante qu’une alimentation végétale directe, mais aussi un nombre d’étapes de production plus important : élevage, boucherie, fromagerie, transports, congélation, conditionnement, emballage… Et plus il y a d’étapes, plus il y aura de déchets, de sous-produits potentiellement polluants.

En 2000, 50% des céréales cultivées en Suisse (70% aux USA) étaient destinées à l’alimentation des animaux. Il y a aujourd’hui trois fois plus d’animaux de rente sur terre que d’hommes. Rien qu’en Suisse notre production céréalière pourrait nourrir 30 millions de personnes dans le monde.


Consommation d’eau excessive
Le rapport de besoin en eau entre production animale et végétale varie de 20 à 150. La production d'un kilo de céréales nécessite  en moyenne 1500 litres d'eau, avec la viande rouge on atteint 15'000 litres par kilo (Rapport FAO sur la mise en valeur des ressources en eau, p.17), soit à titre indicatif l’équivalent de la quantité d’eau utilisée par année par personne pour les toilettes. . Manger un steak de bœuf, équivaut à tirer 400 fois la chasse d’eau…


Pollution des eaux
Les animaux exploités sur notre planète sont artificiellement très "concentrés", ils évacuent donc de beaucoup de déchets organiques impossibles à bio-dégrader pour les écosystèmes. Les eaux provenant des élevages massifs sont ainsi très polluées et participent grandement à la dégradation de la qualité des cours d’eau. A cela s’ajoute l’utilisation d’engrais de façon intensive sur les surfaces agricole destinées au fourrage ainsi que les pesticides qui rejoignent en partie les nappes phréatiques et les cours d’eau.
Aux USA, la part de pollution des eaux due à l’agriculture est plus importante que celle due aux villes et aux industries réunies.
Cette sur-fertilisation de l’eau amène la disparation de la diversité des écosystèmes aquatiques.


Désertification
Dans des régions peu fertiles (comme les steppes et prairies d’Afrique et d’Amérique du Nord, etc.) là où il n’est presque plus - voire plus du tout – possibilité de pratiquer l’agriculture il se pratique encore de l’élevage: le bétail mange l’herbe qui y pousse. Pourtant, les régions désertiques surviennent lorsque le niveau des nappes phréatiques s’abaisse de plus en plus et que la végétation disparaît progressivement. Une des raisons principales en est justement la production de viande pour ses grands besoins en eau et en surface où les forêts -qui sont indispensables pour retenir l’eau- perdent du terrain. Les régions peu fertiles sont ainsi de plus en plus fréquentes.



Augmentation de l’effet de serre
L’élevage intensif actuel entraîne encore d’autres problèmes importants. Les vaches (notamment mais aussi les moutons) émettent environ 60 litres de méthane par jour en raison de leur métabolisme digestif. Or plus de 1,3 milliards de vaches sont élevées sur notre planète. Et le méthane est un gaz 25 fois plus efficace que le CO2 en terme d’effet de serre et est le deuxième gaz responsable de l’augmentation actuelle de la température. En ajoutant le CO2 émis par la déforestation pour l’élevage et les pâturages, les conséquences deviennent plus évidentes. Ainsi, on sait maintenant que l’élevage produit plus de gaz à effet de serre que le secteur des transports (18% enéquivalent CO2 – rapport FAO) !


Les Nations unies pointent l’élevage du doigt
En 2007, la FAO (l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) publie une étude qui met en lumière le lien entre l'élevage et le changement climatique. Il s’agit d’une première à cette échelle. La conclusion en est simple : la viande est nuisible à l’environnement, et en est même une des premières nuisances.
Cette étude s’intitule Livestock’s long shadow. Environmental issues and options.

 
Épuisement des océans
La surpêche de poisson entraîne des conséquences similaires et le marché piscicole est en plein expansion, depuis 20 ans, il a augmenté de 68% !
La Suisse a consommé, en 2000, en moyenne 19 kilos de poisson par personne (proche du chiffre européen) qu’elle importe à 97% et parfois de pays où les moyens de pêche et de production ne respectent ni les standards écologiques ni ceux de la protection des animaux que l’on applique en Suisse.
L’exemple de l’élevage de crevettes en Thaïlande est frappant : la disparition massive des mangroves (milieux naturels très riche en biodiversité) pour l’expansion de cette industrie a impliqué un effet aggravant dans les impacts dû au tsunami fin 2004. Cet élevage sur les côtes de la Thaïlande avait pourtant été encouragée il y a peu par d’énormes investissements de la Banque Mondiale, la Banque de développement Asiatique, US AID et la FAO pour le développement de l’économie d’exportation.  Le maintien de cet écosystème naturel aurait pu diminuer de manière significative la terrible catastrophe car les mangroves protègent naturellement des grandes variations de niveaux d’eau (de même que le font les forêts contre les avalanches). De plus, de part le monde les espèces marines sont de plus en plus menacées (listes de The World Conservation Union). La pêche intensive à l’aide de vastes filets flottants attrapent tout sans distinction envers les espèces en voie de disparition ou les animaux "non-consommables".


Coût réel de la viande
En prenant en compte ces paramètres plus le besoin élevé en énergie de la production, le prix de la viande devrait être doublé ou triplé. Au lieu de cela, l’industrie de la viande est subventionnée dans presque tous les pays car elle n’est pas rentable. Et la consommation augmente: en Suisse (et dans bien d’autres pays), la quantité de viande consommée par personne a dépassé celle du pain !
A quand la fin du carnage?


Pour aller plus loin, vous pouvez, notamment lire la très intéressante brochure ecovegan d’André ou consulter le site de l’ASV.



Réflexion sur le rapport entre l'écologie et le mouvement de libération des animaux

Nous vous proposons ici un texte très intéressant traitant de la position des animaux dans les mouvements écologiques, de la nécessaire prise en compte de leurs intérêts et de leur place au sein de l'environnement. Environnement qui n'est pas que le notre. Extraits:
{....} Il est urgent de poser la question : «De qui cette planète est-elle l'environnement? Pour qui doit-elle rester (devenir) habitable et le rester durablement?» {...}
{...} de progresser vers une écologie sensibiliste, et non plus strictement humaniste: se soucier de la bonne gestion de la Terre dans l'intérêt de tous ses habitants sensibles {...}.

Texte complet


 
La politique agricole européenne soutient l'industrie zootechnique et de la pêche par des milliards d'euro chaque année! Pour en savoir plus et signer la pétition d'abolition de soutien économique de l'union européenne à l'élevage et à la peche, cliquez sur l'image.

Jusqu'à ce que toutes les cages soient vides!